Oyazgur

Chat masqué

IMG_20150723_182334L’autre matin, je m’en allais d’un bon pas, savourant l’air frais et pétillant de la fin de l’été. Je longeais les rayons levant du soleil sur le crépi vert-d’eau des maisons au long du parc… Et là, qui vois-je, se roulant avec délice dans un tas d’herbe fraîchement coupée ?

Les yeux mi-clos, les lèvres entrouvertes sur un sourire chimérique, les pattes tremblantes d’un frisson délicieux, et quelque peu désaxé…

Mon chat, arborant avec classe (?) un loup doré dont aussitôt je ne pus qu’être jalouse.

 

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Profitant d’un moment où il semblait rattraper par les mille tentacules de l’hallucination, je tentais de m’emparer dudit accessoire, voulant moi aussi me pavaner et briller dans le monde. Mais là…

-« Ouaich, tu fais quoi là ? t’as rêvé ta vie ou bien ? »

Démasquée je l’étais, démasquée je le restais. Et nulle supplique ne viendrait à bout de son intransigeance.

 

IMGP5146Je repris alors ma route, mais le coeur n’y était plus. Il avait quitté les chatoiements du soleil pour gagner les limbes d’une pelote de coton noir, si noire qu’elle en paraissait bleue.

je rebroussais dès lors chemin, bien résolue à profiter moi aussi d’un regard cerclé.

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Le temps filant, les doigts travaillant, je m’appliquais, dans le clair obscur de cette fin de journée à l’atmosphère doucereuse d’un dimanche respirant les fanes de carottes, je m’appliquais, donc, à mettre un dernier point à ma dentelle.

IMGP5164Les ronflements plus ou moins délicats du félin cuvant son vin berçait le mouvement de mes mains.

Je décidais alors, profitant de ses rêves comateux, de prendre une longueur d’avance et de dissimuler mon sourire de plaisir. Plutôt par égard pour son ego qui ne manquerait pas d’être meurtri que par une pudeur qui, naissant  au creux etc. etc.

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Trouvant que tout cela ne manquait pas de piquant, l’autre féline qui hante ces lieux, vint vérifier le travail accompli et corriger quelques plis.

J’en profitais pour me délecter du fumet chaleureux d’une tasse de thé, les doigts ragaillardis par le contact lisse de la faïence.

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Et le soir nous cueillit ainsi, peu après avoir posé deux traits de ruban à la transparence subtile, la fumée montant de la tasse dans la clarté d’une ampoule, le ronronnement patient sur mes genoux, tandis que nous attendions que se réveille notre cuveur verlainisé pour un face-à-face masqué.

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Cette entrée a été publiée le 11 septembre 2015 à 07:32 et est classée dans Couleurs, Crochet, Dentelle, graphique, Ménagerie, Tricot. Bookmarquez ce permalien. Suivre les commentaires de cet article par RSS.

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